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Je lis et je relis les " Histoires vraies de mon Oncle Etienne ", et je me pose une question : Pourquoi ne pas écrire et mettre des photos sur les quelques souvenirs qui me reste encore en mémoire avant de les perdre et de créer ainsi le TOME II ? Bien sur ils sont moins nombreux et peut être moins anecdotiques que ceux de mon oncle, mais certains bizertins de ma génération se reconnaîtrons dans certains faits. Tout d'abord, je crois que le mieux est de me présenter. Je m'appelle CRISTIANO, Gérard, et je suis né dans l'après midi du 05 octobre 1948 avec l'aide du Docteur SANTOLINI. ![]() Mon père, Edouard travaillait à l'Arsenal au S.T.T.L, et ma mère Madeleine était couturière au 9 rue Paul MICHAUD. Je ne me souviens pas de mes années de nourrice, mais ma première image apparait lorsque j'avais moins de 6 ans dans le jardin de la garderie à côté du dispensaire. J'étais déjà habillé à la mode puisque je portais une barboteuse confectionnée par ma mère et je me tenais souvent sous la tonnelle en bois située contre un mur à gauche dans le fond du jardin. Il y avait également une fille de mon âge, mais qui était-elle? ![]() ![]() ![]() Plus nets sont mes souvenirs de l'école Maternelle. ![]() Au début de cette " scolarité " ma mère m'accompagnait, mais très vite j'ai fais la route tous seul ou avec des camarades d'école. Ma maison n'était pas loin et à cette époque il n'y avait pas de voiture sur les routes et les seuls véhicules de transports étaient de très rares " Taxis B.B " ou des corricolos qui avançaient au rythme du pas lent des chevaux. J'avais un immense plaisir à y aller car le matin à notre arrivée une assistante maternelle disait : - Ceux qui n'ont pas bu leur lait mettez vous à table. Les autres dans la cour. Bien sur, je l'avais déjà pris chez moi car ma mère l'achetait tous les jours à Monsieur PIANO, notre laitier qui passait dans notre rue avec sa carriole blanche qui ressemblait à une grande glacière tirée par son cheval habillé de sa belle robe grise pommelée, mais j'adorais ce breuvage et me mettais à table. En contre partie je portais parfois une boite de sucre. Heureusement pour moi, la journée j'étais propre car celui ou celle qui faisait dans sa culotte était placé sous le préau dans un grand bidon rempli de sciure. Par précaution et pour prévenir ce genre d'événement, les robinets étaient fermés mais après les avoir ouvert, nous aspirions les uns après les autres dans les tuyaux dans l'espoir d'avoir quelques gouttes d'eau. Avant de rentrer dans l'école, il m'est arrivé une fois de récupérer un bouquet de fleurs jeté dans une poubelle pour les offrir à ma maitresse. Celle-ci à été très touchée de mon geste, mais en sortant je l'ai retrouvé là où je l'avais pris. Quel était notre programme scolaire ? Il y avait des comptines que je refusais obstinément de chanter à mes parents sur leurs demandes, mais que je chantais à tut tête en faisant le tour de la table de la cuisine sur mon tricycle rouge. L'ECOLE BLANC Pourquoi ce nom ? Est-ce parce que le Directeur était Monsieur BLANC ? Je le suppose à moins que quelqu'un connaisse la réponse. Toujours est-il que ce nom est une référence pour de très nombreux élèves Bizertins. C'était l'établissement dont le passage était obligatoire après la maternelle pour ceux qui n'allaient pas dans une école privée. ![]() ![]() Il fallait apprendre et retenir la conjugaison de tous les verbes à tout les temps, des tables de multiplications et lorsque nous étions interrogés en classe et que nous n'écrivions pas la bonne réponse sur l'ardoise, c'était autant de coups de règles sur les bouts des doigts. Je me souviens avoir eu un professeur qui, lorsqu'il voyait une faute sur notre cahier, nous tirait les cheveux à hauteur des pattes et parfois lorsqu'il trouvait que la page de notre cahier était sale, il l'arrachait. Il fallait connaitre l'histoire de " nos ancêtres les gaulois " mais la diversité de nos origines faisait que nous étions un peu perdu dans ces histoires de rois, de reines, de guerres de religions, de guerre de cent ans, de massacre de la Sainte Barthélemy mais rien de tout cela ne faisait référence à l'Italie, L'Espagne, Le Portugal, et surtout la Tunisie qui pour nous tous était notre pays. Il nous fallait apprendre la géographie, le climat, les fleuves, les montagnes de la Tunisie, de l'Algérie, du Maroc, mais aussi de pays lointains qui nous faisaient rêver comme la France, l'Amérique, l'Asie et autres. Lors de la rupture du barrage de Fréjus une quête fut organisée dans les classes. La maitresse nous expliqua où se situait le drame, et tous les élèves apportèrent une pièce. Ce jour là il y eu un orage sur Bizerte. Il en fut de même lors du tremblement de terre à Agadir au Maroc. Je n'étais pas ce que l'on appelle un élève brillant. Je faisais même parti de ceux qui avaient les doigts tannés par les coups de règles et mes cheveux résistaient très bien aux nombreux tiraillements. Je devais faire mes devoirs et apprendre mes leçons après avoir gouté, aussi cela durait longtemps et c'étais souvent mon père qui venait me chercher dans le jardin des militaires qui malgré l'interdiction, était le lieu de rendez vous des enfants du quartier ou d'ailleurs. Il y avait un très grand et gros eucalyptus que nous escaladions à l'aide des encoches faites dans son tronc et dont nous fumions les racines. A cette époque c'était la plume " Sergent major " que l'on trempait dans l'encrier et il fallait faire attention pour ne pas faire de " pâtés " sur la feuille, ou sur le bureau qu'en fin d'année nous nettoyons en le frottant avec du citron. Le matin, un élève faisait le plein de ces petits encriers blancs de forme circulaire placés dans un trou du bureau avec une bouteille d'un litre munie d'un bec verseur. Avec ce genre de plume, on écrivait en faisant des points et déliés, mais misent au bout d'une flèche, elles se plantaient très bien dans du bois. Dans la cour, un grand mur nous séparait de l'école des filles, et c'est dans les années 1956-1957 que les classes commencèrent à être mixtes. A la fin de l'année scolaire, comme à l'époque de nos parents, la même chanson revenait sur nos lèvres et elle commençait par : " Gai gai l'écolier, c'est demain les vacances, " " Gai gai l'écolier, demain nous partirons. " " Adieu les analyses, les verbes et les dictées, " " Tous ça c'est des bêtises allons nous amuser etc etc…………………….. " Mais vous connaissez la suite.     SUIVANTE ...    
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