ÉLÉMENTS D'HISTOIRE DE FERRYVILLE
Par Roger Xavier Lantéri

L'ÉPOQUE DU PROTECTORAT FRANÇAIS (suite 9 et fin de cette époque)
      


             1945 - 1963. L'APRES GUERRE ET FIN DE LA PRESENCE MILITAIRE FRANÇAISE EN TUNISIE
             1945. Le 8 mai. L'Allemagne capitule. Le soir même, à Ferryville, à la Cité maritime, les gens se réunissent spontanément pour danser autour d'un accordéoniste toulonnais. La vie ferryvilloise avec ses événements sportifs, ses conférences de l'alliance française (Jacques de Lacretelle, etc.) ses bals à thèmes (" la Belle époque ", etc.) " animés par le Ferry-Jazz ", comme l'annonce l'affiche, va reprendre très vite…
             1945 - 1950. Crime très spectaculaire, rue Marceau : devant la foule, X, un sicilien jaloux, égorge d'un coup de rasoir sa femme, elle bondit dans la rue " comme un poulet décapité " (selon les témoins Huguette et Denis Guez) et, après sauts et soubresauts, meurt dans une marre de sang. Autre tragédie au " stand de tir et roulette " de la rue Ottavy : après un dialogue dramatique, un marin, soupirant dédaigné, tue la fille de la propriétaire, Mme Pascal.
             1954. Avenue de France, nuit de 13 juillet, 21h20. La foule, qui s'apprête à gagner la kermesse de l'école des Apprentis de la D.C.A.N., occupe la terrasse des cafés. Cinq " fellaghas " (Majoub ben Ali ?), deux postés devant l'Amirauté et trois sur la Place Guépratte (du Marché), mitraillent le café de Paris et les cars faisant la navette, puis, en se retirant vers la Briqueterie, tuent des passants, Six morts dont Robert Gazelle, Georges Fouchet, sa tante Mme Richard, Albert Boston. Parmi les blessés du car, une métropolitaine, Monique Courtois, une ferryvilloise, Josette Graziani, restera hémiplégique toute sa vie. Mmes Commandeur et Marie Charny, Dorigny, Rizutto (de Mateur) et deux sergents. Le 31 juillet, à Carthage, Pierre Mendès France promet l'autonomie interne aux tunisiens. Le 1er novembre, la rébellion algérienne commence.
             1956. Le 20 mars, la France reconnaît l'indépendance de la Tunisie. Une des premières mesures du nouveau pouvoir est de faire disparaître le nom de Ferryville pour le remplacer par celui de Menzel (c'est-à-dire Bourg)-Bourguiba. Le clocher de l'Église est tronqué et l'édifice transformé en centre culturel. Selon le traité d'indépendance, la France conserve le port de Bizerte et, l'arsenal demeurant ouvert (un milliard de francs est même dégagé par Paris pour le moderniser), tous les habitants français resteront jusqu'aux événements de juillet 1961. La Marine française évacuera définitivement les lieux fin 1963.



La suite est à écrire, si une ou des personnes ont un manuscrit de l'histoire de Menzel-Bourguiba, de Bizerte et du lac, post protectorat français, qu'ils me le proposent pour que je le place à la suite de cette histoire de Ferryville



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